October 18, 2026
Depuis trente ans, ce navire de 1 600 mètres continue d’intriguer les spécialistes

Depuis trente ans, ce navire de 1 600 mètres continue d’intriguer les spécialistes

L’idée semble appartenir à un récit de science-fiction. Pourtant, depuis les années 1990, ses concepteurs travaillent sur un projet particulièrement ambitieux : construire un immense navire capable de parcourir les océans tout en accueillant une population comparable à celle d’une ville de taille moyenne. Le concept repose sur une ambition claire : permettre à des milliers de personnes d’habiter, de travailler, d’étudier et de se soigner en pleine mer, sans dépendre en permanence d’un port.

Une véritable ville conçue pour vivre en mer

Avec une longueur annoncée de 1 600 mètres, soit 1,6 kilomètre, cette gigantesque structure dépasserait très largement les dimensions des plus grands paquebots de croisière actuellement en circulation. Une telle taille rendrait d’ailleurs pratiquement impossible son entrée dans les ports traditionnels.

La cité flottante devrait donc rester principalement au large. Des navettes assureraient les liaisons avec la terre ferme afin de transporter les habitants, les visiteurs, les marchandises et les différents équipements nécessaires à son fonctionnement.

Il ne s’agirait pas simplement d’effectuer une longue croisière : le projet prévoit une véritable résidence permanente en mer, effectuant approximativement un tour du monde tous les deux ans et demi.

Les capacités annoncées diffèrent selon les versions du projet. Environ 50 000 personnes pourraient y résider de façon permanente. En ajoutant les touristes, les employés temporaires et les visiteurs, la population présente à bord pourrait ponctuellement atteindre 80 000 personnes.

Les installations prévues iraient bien au-delà de simples cabines de paquebot. Le navire serait organisé comme une véritable agglomération avec des appartements privés, des hôtels, des bureaux, des commerces et différents services destinés aux habitants.

L’objectif serait de permettre aux résidents de satisfaire la majorité de leurs besoins quotidiens sans devoir régulièrement retourner sur la terre ferme.

Écoles, hôpitaux et espaces de loisirs

La vie quotidienne s’appuierait sur des infrastructures habituellement présentes dans une ville terrestre. Les familles pourraient notamment disposer d’établissements scolaires couvrant différents niveaux d’enseignement, de l’école primaire jusqu’aux études supérieures.

Des établissements de santé, des banques et des espaces professionnels seraient également intégrés à cette immense structure.

Parmi les équipements envisagés figurent notamment :

  • un réseau de tramway intérieur permettant de circuler entre les différents quartiers ;
  • des zones piétonnes ainsi que des espaces végétalisés ;
  • un stade d’une capacité d’environ 15 000 spectateurs ;
  • un parc aquatique, des musées et des salles de spectacle ;
  • des boutiques, des restaurants et des établissements dédiés à la vie nocturne ;
  • des hôtels permettant d’accueillir les visiteurs qui ne vivraient pas à bord toute l’année.

Une telle organisation soulève néanmoins une difficulté importante : faire cohabiter durablement plusieurs dizaines de milliers de résidents avec une activité touristique significative.

Cette ville maritime devrait gérer les déplacements, les approvisionnements, les déchets, la sécurité et les services publics comme n’importe quelle agglomération, tout en tenant compte des contraintes particulières liées à la vie en haute mer.

Un projet gigantesque toujours à la recherche de financements

Le concept remonte aux années 1990 et a notamment été porté par l’ingénieur américain Norman Nixon. Malgré plusieurs décennies de réflexion, le projet demeure encore au stade des études et des présentations.

L’un des principaux obstacles reste son financement.

Le coût annoncé avoisine 12 milliards de livres sterling, soit un investissement considérablement supérieur à celui nécessaire à la construction d’un paquebot de croisière traditionnel.

La fabrication pourrait être réalisée en plusieurs sections. Certaines parties seraient construites en Indonésie avant d’être assemblées en mer. Une fois les financements réunis, les promoteurs estiment que la construction pourrait prendre entre trois et quatre ans.

CaractéristiqueChiffre annoncé
Longueur1 600 mètres
Résidents permanentsEnviron 50 000
Capacité maximale envisagéeJusqu’à 80 000 personnes
Tour du mondeEnviron tous les deux ans et demi
Capacité du stade15 000 spectateurs
Construction estiméeTrois à quatre ans

L’option nucléaire pour alimenter cette immense structure

Déplacer une construction de cette taille représenterait un défi énergétique considérable. Il faudrait non seulement assurer sa propulsion, mais également produire suffisamment d’électricité pour éclairer les logements, climatiser les bâtiments, faire fonctionner les commerces et les équipements publics et produire de l’eau potable.

Les concepteurs ont ainsi étudié la possibilité de recourir à l’énergie nucléaire.

Selon les promoteurs, une propulsion nucléaire pourrait fournir une importante quantité d’énergie de manière continue tout en limitant le recours aux carburants fossiles.

Cette solution entraînerait cependant des contraintes importantes en matière de sécurité.

Une installation nucléaire exploitée en mer nécessiterait des équipes hautement spécialisées, une surveillance permanente et des protocoles particulièrement stricts pour répondre à un éventuel incident.

Elle devrait également obtenir les autorisations réglementaires nécessaires, même si la cité flottante devait passer une grande partie de son temps dans les eaux internationales.

Contrairement à une idée parfois répandue, les eaux internationales ne sont pas totalement dépourvues de règles. Le navire devrait notamment être enregistré sous le pavillon d’un État et respecter les réglementations maritimes ainsi que différentes conventions internationales.

D’autres questions complexes apparaîtraient également concernant le droit du travail, la fiscalité, la nationalité des habitants ou encore les règles judiciaires applicables à bord.

Une autonomie ambitieuse mais difficile à garantir

Les responsables du projet présentent cette cité comme largement autonome. Des installations destinées au traitement de l’eau et des déchets seraient prévues, tandis que certaines activités pourraient contribuer à l’étude ou au nettoyage des océans.

Des laboratoires scientifiques pourraient également être installés afin de permettre la réalisation de recherches consacrées au milieu marin.

Une autonomie complète paraît néanmoins difficile à atteindre.

Une population composée de plusieurs dizaines de milliers de personnes aurait besoin quotidiennement de grandes quantités de nourriture, de médicaments, de matériel, de pièces détachées et de nombreux produits de consommation courante.

Même avec d’importantes réserves, des installations de dessalement et éventuellement des espaces de production alimentaire, des opérations régulières de ravitaillement resteraient probablement indispensables.

Les contraintes d’une vie permanente au large

Habiter toute l’année sur un navire, même gigantesque, serait très différent d’une croisière de quelques semaines.

La proximité permanente avec d’autres habitants, le bruit, l’humidité, l’éloignement de la famille et l’absence prolongée d’environnement terrestre pourraient influencer les conditions de vie.

Les phénomènes météorologiques violents représenteraient également un défi majeur, même si la structure était spécifiquement conçue pour supporter les conditions difficiles rencontrées en haute mer.

Une ville de cette taille devrait aussi disposer d’importantes capacités médicales. Les équipes présentes à bord devraient pouvoir traiter des urgences graves avant, lorsque cela serait nécessaire, une évacuation vers la terre ferme par bateau ou par hélicoptère.

La question d’une évacuation massive serait encore plus complexe. Mettre rapidement en sécurité plusieurs dizaines de milliers de personnes nécessiterait des infrastructures et des procédures d’urgence d’une ampleur rarement rencontrée dans le domaine maritime.

Le projet reste donc entouré de nombreuses incertitudes. Son ampleur et l’idée de créer une véritable ville mobile au milieu des océans continuent néanmoins de susciter l’intérêt.

La question essentielle demeure celle de sa réalisation : les financements nécessaires pourront-ils être réunis et les obstacles techniques, juridiques et logistiques surmontés pour transformer cette gigantesque cité maritime imaginée sur le papier en un lieu réellement habité ?

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *